Skip to content

Rencontre avec Joseph Sifferlen

Nous avons eu la chance de rencontrer Joseph Sifferlen chez lui, à Strasbourg. Européen d’esprit et Alsacien de coeur, il nous a présenté le recueil de mémoires de guerre, qu’il publie aux Editions du Signe. 

Poursuivant notre démarche initiée par la sortie de notre court-métrage « L’Impermanence », ce fût un honneur de recueillir les propos de ce témoin de l’Histoire ! 

Joseph Sifferlen dans son bureau.

Présentation de l’ouvrage 

Alors que depuis 1940 l’Alsace/Moselle est annexée par l’Allemagne nazie, des milliers de jeunes hommes se voient incorporés de force dans la Wehrmacht après le décret du 25 août 1942.

Parmi eux, dix jeunes hommes présentent une particularité : ils s’apprêtaient à suivent le chemin de la prêtrise. L’auteur, Joseph Sifferlen est l’un d’eux. Afin de leur rendre hommage, il s’attache, en s’appuyant sur leurs témoignages à retracer leurs parcours qui les conduisirent à combattre pour l’armée allemande aux confins de l’Europe. En dépit des moqueries qu’ils subirent de la part des autorités allemandes et des horreurs de la guerre, tous poursuivirent ou débutèrent leur formation théologique, portés par la foi. 

Livre d’Histoire, Des prêtres alsaciens incorporés de force se souviennent est également un formidable message d’espoir pour les générations futures .

Joseph Sifferlen dans son bureau.

Entretien avec Joseph Sifferlen

Lutter contre l’oubli. Voilà la tâche à laquelle s’est attelé Joseph Sifferlen en écrivant cet ouvrage. L’auteur espère que ce dernier trouvera un écho dans sa région natale, mais plus généralement en France, où l’histoire des Alsaciens est encore trop peu connue. Au sujet de l’Alsace, l’homme n’est pas avare de bons mots. Dans un contexte politique marqué par la reconfiguration des régions, la défense de l’identité alsacienne, nourrie à la fois de culture française et germanique, est plus que jamais d’actualité. 

D’aucuns pourraient voir dans les propos de Joseph Sifferlen un régionalisme exacerbé. Il n’en est rien. Attaché à ses racines, l’auteur n’en est pas moins un Européen convaincu. À l’écouter attentivement, on comprend que l’Europe est au coeur de ses préoccupations : « La lutte pour une Europe unifiée a été et est toujours primordiale. Une très grande erreur fut d’avoir d’humilié à te point les allemands au lendemain de la première guerre mondiale. Cela a nourri un sentiment de haine et de revanche aboutissant à l’avènement du nazisme et à la seconde guerre mondiale. » Au cours de cet entretien, une figure tutélaire s’impose comme une évidence. Celle de Robert Schuman qui, en 1945, ne souhaita pas reproduire les erreurs du passé et tendit la mains aux ennemis d’hier afin de bâtir ensemble les bases d’un avenir meilleur. 

Ces années de guerre auraient pu faire naitre chez Joseph Sifferlen une amertume vis à vis de ces voisins allemands. Aucune rancoeur n’est cependant perceptible dans ses propos. L’horreur de la guerre a au contraire renforcé ses convictions de fraternité universelle ainsi que sa foi inébranlable en un monde meilleur. La collaboration franco-allemande est selon lui le ciment de l’Union Européenne, qui ne doit cesser de se construire. L’homme est intimement convaincu que l’Europe ne peut être unie sans être plurielle. L’intérêt pour la culture de l’autre devient alors indispensable.

Passionné, l’homme enjoint la jeunesse européenne, élevée dans la paix, à « oeuvrer main dans la main à un projet de construction où chacun trouve sa place. » Au pessimisme latent de nos sociétés actuelles, il y oppose son solide optimisme : « une vue positive doit guider l’action de chaque Européen. Le pire est de désespérer. Chacun, chaque peuple, apporte quelque chose à la société et doit être convaincu. ».

En guise de conclusion, cet éternel optimiste engage les jeunes européens à croire que l’action est possible. À l’évocation du mouvement mondial de la jeunesse en faveur de l’écologie, nous retiendrons ses mots : « La prise de conscience pour la planète est un souffle d’esprit. » 

Plus d’informations 

Trouver le livre : Ici

Photos : Antonin MECHLER.