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Review : Beyoncé – Lemonade

Trois ans après la sortie inopinée de son 5 album éponyme, Beyoncé récidive pour notre plus grand plaisir avec son nouvel opus : Lemonade.
Seul signe de la probable release, un trailer mystérieux dévoilé il y’a quelques jours sur le compte Instagram de Queen B.
À l’heure de la rédaction de cet article, seule la plateforme streaming de son entrepreneur de mari Jay Z, permet l’écoute de l’album, family buisiness oblige.
Tout d’abord, force est de constater que la Reine du R’n’b sort des sentiers battus, loin des carcans imposés par les labels et autres maisons de disque.

En effet, cet album se caractérise par un éclectisme musique remarquable.
Si certains fans inconditionnels du style “R’n’b/Soul” se sentiront dans un premier temps quelque peut déroutés par les chemins pris par la chanteuse, ils ne pourront qu’ensuite apprécier la saveur pulpeuse et rafraîchissante de cette limonade préparée par la diva.
Qu’ils se rassurent, l’album comporte tout de même son lot de ballades rythm and blues à l’instar de Sorry, Sandcastles, All night ou encore Formation interprété par la chanteuse  à la mi temps du Superbowl en février dernier.

Cependant je préférerai m’intéresser ici aux pistes aux influences plus surprenantes choisis par l’ex membre des Destiny’s child.
Commençons par le commencement.
La track 2 intitulée “Hold Up” voit la chanceuse s’essayer à un style “reggae” qui n’est pas déplaisant, sans tout de fois parvenir à déplacer des foules, a contrario d’un “One Dance” du canadien Drake.

La chanson suivante, “Don’t hurt yourself” me paraît bien plus intéressante. Pour ce son, la chanteuse s’associe à Jack White, acteur important du mouvement “garage rock”. Coécrit par robert Plant, chanteur emblématique de Led Zeppelin, l’influence rock de ce dernier se ressent directement et cela sied merveilleusement au timbre de voix de Queen B, qui laisse ici éclater sa rage sur les riffs de guitares et le groove de batterie.

La track 7 intitulée “Daddy lessons” est l’une des plus belles surprises de cet opus, selon moi.
Beyoncé rend ici un vibrant hommage à son Texas natal (elle est née à Houston) et à son père. Les cuivres donnent directement le ton à ce morceau si particulier pour un album d’une artiste dite “commerciale”.

L’alchimie entre la guitare country et la performance vocale époustouflante de Bey fonctionne à merveille, si bien que ce son apparaît finalement comme une évidence.
Il vous donnera une envie folle de monter dans votre voiture, et effectuer un roadtrip mémorable dans les états du Sud des États Unis.
Dans le domaine sportif, on dit que le numéro 10 est la pièce maîtresse d’une équipe, le maestro d’un collectif.

Ici, la piste 10 est surement la plus intéressante de l’album.
De part son thème premièrement. “Freedom” est une ode à la révolte, au refus de la soumission à une élite. Ceci n’est pas qu’un simple morceau, mais bel et bien un hymne au soulèvement des minorités oppressés de part le monde, que cela soit la communauté Afro-Américaine outre Atlantique, ou la jeunesse incomprise aux quatre coins d’une Europe fragilisée.
Deuxièmement, en tant qu’amateur inconditionnel du Hip Hop, je ne pouvais que me réjouir de la présence du petit prince de Compton (et futur roi du Rap Game américain) Kendrick Lamar.
Ce dernier apporte ici toute sa verve et son énergie débordante, portés par un flow inimitable, à un morceau porteur d’espoir et gorgé de fureur de vivre.
Du côté des featurings, Lemonade nous propose donc un casting 5 étoiles composé de Jack White, le chanteur canadien The Weeknd, James Blake et donc Kendrick Lamar.
Si cet opus ne comporte pas en son sein un hit planétaire comme le fut “Crazy in love” ou encore “Run the world (girls)”, ce dernier a au moins le mérite de proposer un contenu original et inattendu.

On peut ainsi être une star internationale, entrepreneuse milliardaire, et ne pas céder à la facilité en livrant une œuvre prévisible, mais en osant au contraire offrir à son public un recueil de sonorités toutes plus originales les unes que les autres.
Avec l’arrivée des beaux jours, cette limonade est donc à consommer sans modération.

Tracklist :

1. Pray You Catch Me
2. Hold Up
3. Don’t Hurt Yourself (feat. Jack White)
4. Sorry
5. 6 Inch (feat. The Weeknd)
6. Daddy Lessons
7. Love Drought
8. Sandcastles
9. Forward (feat. James Blake)
10. Freedom (feat. Kendrick Lamar)
11. All Night
12. Formation

By  Thomas Grandjean